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«Si tu perds, interdiction de pleurer.» La petite Isabelle n’a pas encore 6 ans que déjà son père lui enseigne la dure loi du poker. Nous sommes au début des années 80, à Victoriaville, au Québec. Autour de la table, le patriarche donc et ses oncles. Pendant que d’autres s’amusent avec une poupée, Isabelle compte ses jetons en rêvant de carrés et de quinte flush royal.
Le poker est alors un jeu, elle va en faire son métier. Toutes les cartes sont entre ses mains. Reste à saisir sa chance. Pourtant, elle décide d’étudier le droit à l’Université de Montréal. Etudiante studieuse le jour, croupière dans un casino la nuit, elle mène une double vie, moins par nécessité économique que par passion pour le jeu. Elle réussit ses études et, suite logique, s’engage dans un cabinet d’avocats.
L’expérience dure vingt minutes. Le temps de peser le pour et le contre. Le pour? Une carrière brillante, une vie rangée, une famille. Le contre? Passer à côté de sa passion, regretter de n’avoir pas osé. C’est du quitte ou double. Premier tapis: finie la carrière d’avocat, elle décide de tout plaquer.
Direction la France.
Paris, la Tour Eiffel et l’Aviation Club de France, la célèbre salle de poker des Champs-Élysées. Elle s’inscrit à l’Université de la Sorbonne. En réalité, elle bluffe. Les études, juste un moyen rapide d’obtenir son visa.
A l’Aviation Club, elle en profite pour observer le comportement des joueurs. Leurs techniques, leurs tics, leurs vices et leurs faiblesses. Pour elle, le poker est une école de la vie.
En quelques années, la jeune Québécoise devient directrice de la salle de poker du cercle de jeu parisien.
Le poker, une situation confortable, un bel appartement: premier pari réussi. Nous sommes en 2004; ce jeu commence doucement à envahir les écrans de télévision. Jeune femme séduisante, bercée par le poker, Isabelle le sent, voilà une combinaison gagnante. Nouveau tapis. Meubles, appartement, elle vend tout. Direction Las Vegas.
C’est décidé: elle sera joueuse de poker professionnelle.
Pari gagnant, la même année elle remporte le World Poker Tour, LE tournoi féminin diffusé à la télévision. Intronisée reine du poker, elle glane alors son surnom d’«Isabelle No Mercy» (Isabelle sans-pitié), grâce à son jeu hyper agressif qui lui a permis d’éliminer ses adversaires, une par une.
Dès lors, tout s’enchaîne. Son regard perçant, son élégance naturelle et sa démarche rebondie en font l’icône glamour d’un grand site de poker en ligne. Le site finance voyages et tournois, elle, vit dans ses valises, se frotte aux meilleurs joueurs du monde dans les tournois les plus prestigieux de la planète. Véritable globe-trotter du poker, elle gère son argent comme elle gère ses jetons. Efficacement. No Mercy, c’est aussi le nom de l’entreprise qu’elle dirige et qui s’occupe de son image. Fan de mode, elle rêve d’être sponsorisée par un grand couturier.
En attendant elle vient de lancer son autobiographie, Profession: Bluffeuse, et sa propre ligne de vêtements. Son nom? No Mercy, évidemment. Pour 2008, la joueuse prépare aussi un DVD, Gagnez au poker by Isabelle Mercier.
A 32 ans, l’une des célibataires les plus charmantes du circuit serait capable de tout plaquer pour tenter un nouveau pari? A moins qu’elle ne possède enfin le jeu idéal…